• Joaquim Dassonville

Nightline : Un SOS amitié nocturne pour les étudiants

Dernière mise à jour : mars 24

Service d’écoute nocturne gratuit pour la population étudiante lilloise.



Nightline est une structure d’écoute de nuit. Cette association permet d’offrir un espace pour libérer la parole d’étudiant dans le secret de l’anonymat.


Au cœur de la nuit lilloise, une vingtaine de bénévoles, tous étudiants se relaient de 21h à 2h du matin dans un local mis à disposition par le CROUS pour répondre aux appels et « tchatter » avec des étudiants en détresse. Lancé en 2016 à Paris sur le principe anglo-saxon des Samaritains en Angleterre et en Irlande, Nightline, est un service tenu par des étudiants, formés à l’écoute active.



Il est 21h, dans une petite salle aux néons blafard. Derrière son écran d’ordinateur, Sophie* est prête à répondre au téléphone ou via son clavier aux personnes qui ont besoin de parler. « Nous avons souvent des appels courts qui semblent anodins mais qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère. Parfois, ils ont juste besoin de savoir qu’il y a quelqu’un près à les écouter », témoigne-t-elle. Dès l’ouverture de l’association sur Lille, en novembre 2020, elle s’est tout de suite proposée. « Ces nuits à répondre à la détresse des étudiants, sont d’une richesse humaine sans pareil. Je me sens utile », se confie-t-elle.



L’arrivée de la structure n’est pas liée avec le Covid mais elle tombe à pic. S’adressant à la population estudiantine qui se trouve face à une détresse psychologique comme financière, la plateforme a été contacté plus de 700 fois depuis son ouverture. Près de 22% des étudiants ont eu des pensées suicidaires durant l’année 2019. Pendant le confinement, 33 % des étudiants présentaient des symptômes dépressifs, contre 16% du reste de la population (i-Share 2020).



Dépression, anxiété, stress des cours, peu importe, ils trouvent ici, une oreille attentive. « Notre but, c’est d’être présent pour eux, pour ceux qui se sentiraient seuls, ou tout simplement pour ceux qui ressentiraient le besoin de parler, sur quelque sujet qui soit », indique Sinon Lottier, président de Nightline Lille.

Sophie intervient trois nuits par mois à l’association. C’est le maximum imposé aux bénévoles. « Je suis là dès 21h et je termine à 2h30. Cela fait en moyenne 5 à 6 heures d’écoute. C’est tout de même fatiguant et quelquefois un peu lourd psychologiquement », précise-t-elle. D’après les analyses de la structure, 10 % des appels concernent les études, viennent ensuite les problèmes familiaux, amicaux puis amoureux.

Avant de prendre des créneaux horaires, tous suivent pendant deux week-ends une formation à l’écoute active dispensée par des étudiants expérimentés. Pendant cette formation, des mises en situations sont réalisées. Cette formation initiale, élaborée en partenariat avec des psychologues spécialistes de l’écoute, a été développée et fonctionne depuis plus de 50 ans dans d’autres Nightlines européennes. À cela s’ajoute une formation continue tout au long de la participation à l’association, construite autour d’un partage d’expérience régulier en présence de psychologues ou de psychiatres.

« On leur apprend à ne pas prendre les choses trop à coeur », précise Simon et de rajouter « Par rapport au pays anglo-saxon, la France est très en retard concernant le mal être étudiant ».

*Pour respecter l’anonymat, le prénom a été changé.


Teste et photos : Joaquim Dassonville

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