• Joaquim Dassonville

Une « task force » face au Covid-19 à l’Institut Pasteur de Lille

Depuis fin février 2020, une « task force » réunissant des chercheurs de plusieurs secteurs se mobilise au cœur même de l’institut Pasteur de Lille.


Une « task force » composée de plus de 30 chercheurs de l’Institut Pasteur s’est formée fin février 2020 pour trouver un traitement contre la COVID-19. Le centre national de la recherche scientifique (CNRS), l’institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), l’université de Lille, le CHU de Lille et la startup « Apteeus » ont pour objectif principale d’identifier des médicaments dit « repositionnables ». Cette possibilité de recourir à des médicaments déjà sur le marché et de les utiliser dans d’autres indications permet de démarrer au plus vite des essais cliniques.



Au cœur d’un laboratoire de haute-sécurité du centre d’infectiologie et d’immunologie de Lille, des experts en virologie travaillent à la mise au point d’un nouveau traitement contre la Covid-19. Depuis des années, les équipes de recherche du Dr Jean Dubuisson, directeur du Centre d’Infection et d’Immunité de Lille, travaillent sur les coronavirus comme le SARS ou le MERS.

Au sein même de l’Institut Pasteur de Lille se trouve une armoire contenant toutes les molécules médicamenteuses existantes dans le monde : la chimiothèque. Parmi les 200 000 molécules présentes, plus de 2 000 d’entre elles ont été testés in vitro sur le SARS-COV2.

La chimiothèque de l’Institut Pasteur.

Plusieurs fois par jour, un microscope automatisé, rapide et unique en France, observe les cellules et leurs évolutions en présence du virus et des molécules médicamenteuses. Ce système, le screen, permet en quelques jours d’identifier de nouveaux candidats médicaments.

Les chercheurs ont donc testé des principes actifs déjà utilisés pour d’autres maladies et qui pourraient répondre efficacement. C’est en septembre dernier que l’institut Pasteur annonçait la découverte d’une molécule particulièrement efficace contre le SARS-CoV-2, parmi la collection de 2 000 molécules présélectionnées par la startup Apteeus. « C’est une piste primordiale dans la recherche d’un traitement », précise le Pr Benoit Déprez (directeur scientifique de l’Institut Pasteur de Lille).

Une série d’essais concluants a ensuite été réalisée, suivant un protocole très strict. La prochaine étape est l’essai clinique. Cette dernière permettra de vérifier, en l’espace de quelques semaines, l’efficacité du traitement chez l’homme, notamment chez les personnes présentant un cas de Covid grave.

Cette molécule dispose déjà d’une autorisation de mise sur le marché, son utilisation pourrait donc être rapide. Pour le moment, le dossier est au début de sa phase d’examen par les autorités compétentes, avec l’espoir d’un essai clinique dans un à venir proche.

« Les équipes doivent encore réaliser des tests pour vérifier l’efficacité clinique en lien avec les partenaires, laboratoires et instances ad hoc, selon la réglementation en vigueur », prévient Xavier Nassif, directeur de l’Institut Pasteur de Lille.




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